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Remembrement à Fermanville
Le conseil municipal séquestré
Article paru dans Manche Libre du 23/03/2003

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Occupation de la mairie de Fermanville par le Comité de défense de l'environnement et du patrimoine de Fermanville  © Tazibt
Une centaine d'opposants ont occupé la mairie © Tazibt

Jeudi soir 13 mars, le conseil municipal réuni en séance extraodinaire à Fermanville pour entériner la décision du maire d'annuler la procédure de remembrement, objet de toutes les polémiques. Cette réunion a tourné en "prise d'otages", le maire et le conseil municipal ont été séquestrés durant plusieurs heures par les manifestants du "Comité de défense de l'environnement des libertés et du patrimoine de Fermanville".
Ces derniers expriment deux revendications : l'assurance du préfet notifiant sa décision d'arrêt définitif du remembrement d'une part et sa décision officielle de dissolution immédiate de la commission communale d'autre part.

Vers 20h20, après que le conseil municipal ait voté à l'unanimité la décision d'arrêter la procédure de remembrement, le maire, Eugène Levieux, et tous les membres du conseil, se sont retrouvés bloqués au fond de la salle des mariages investie par plus d'une centaine d'opposants. Puis les manifestants parfaitement organisés (ils avaient prévu toute une logistique pour y passer la nuit) occupent toute la mairie et ses accès. "A Fermanville, nous avons atteint le seuil du ridicule ! La délibération du conseil, ce soir, n'a aucune valeur juridique. Le maire se retranche derrière la décision de la commission communale. C'est une honte, la comission a voté un mode d'aménagement dont la seule possibilité d'en sortir est qu'elle revote et casse son vote ! Or, étant donné sa composition, nous savons qu'elle se prononcera de nouveau pour le remembrement. Nous exigeons une dissolution immédiate de la commission communale".

C'est Florence Perrouas, vice-présidente de l'association, qui crie à l'intention du maire ces revendications. Le ton monte et la colère gagne les manifestants, exarcerbés par le calme affiché par le maire qui tente d'intervenir : "Je transmettrai à la préfecture la demande de dissolution de la commission puisque le conseil a décidé d'arrêter la procédure".

"ne vous énervez pas"

Il est 21h15 quand le maire et les gendarmes de Saint-Pierre-Eglise obtiennent et annoncent l'autorisation de faire évacuer la mairie avec les renforts de 20 gendarmes de la compagnie de Cherbourg ; ce qui attise la détermination des opposants : "Si évacuation il y a, restez assis et ne vous énervez pas", leur recommandent leurs chefs de file.

A 21h45, dans une ambiance fébrile, le commandant Morault entame une médiation avec les responsables de l'association, le maire et la préfecture. "Il faudrait laisser la préfecture prendre le temps de la réflexion. Vous pensez bien que vous ne pourrez pas obtenir ce soir une décision officielle. M. le Maire a toutes les garanties de la part de la Préfecture de dissoudre la commission".
Mais Jean-Claude Mouchel et Florence Perrouas ne l'entendent pas de cette oreille :
"La cote de confiance du maire est au plus bas aurprès de nombreux Fermanvillais. Nous exigeons un fax de la préfecture ou que le sous-préfet Allard nous accorde un rendez-vous dans
les jours qui viennent".

Vers 22 h 30, le commandant Morault annonce qu'un rendez-vous avec le sous-préfet Allard est possible lundi ou mardi prochains ; une décision accueillie avec un certain soulagement. Florence Ferrouas invite les manifestants à lever le siège : "Je crois que nous avons atteint un objectif important ; la population reste toujours très motivée, montrons que nous savons être conciliants avec l'ouverture apportée par la gendarmerie. Mais il ne faut pas crier victoire tant que l'on n'a pas la décision officielle en mains".

La mairie se vide alors tranquillement de ses manifestants et les membres du conseil sont enfin libres. Sorti d'une soirée épouvantable, Eugène Levieux est fatigué et amer. "J'ai verbalement toutes les garanties de la part de la préfecture que la procédure de dissolution de la commission se fera. Que veulent-ils de plus ? Ma tête et celled du conseil municipal ? Ne ne démissionnerons pas. C'est déplorable : par ce biais, ils essaient de déstabiliser le conseil pour obtenir des élections partielles".
Revenant sur les méthodes plus que douteuses d'atteinte et de dégradation des biens de la part d'un groupe d'anonymes, il conclut : "Je maintiens plus que jamais ma plainte contre X auprès du Procureur de la République de Cherbourg".


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